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En 1993, je fais mes armes au sein du Guignol's Band, une sauce "intelligent-rock" français prend immédiatement sur les diverses fondations laissées tour à tour par Joy Division, P.I.L, Gun Club, Pixies, My bloody valentine, etc...J'y suis songwriter interprète, disputant à Rimbaud, Léo férré et Joey Starr, l'âme des jolies filles de mes vingt ans, combinant riffs punkwave et motifs hypnorock. Très vite, un répertoire d'une vingtaine de morceaux permet d'accèder aux scènes parisiennes, officielles ou interlopes. Premiers espoirs teintés d'une désaffection à demi feinte: "Il est pas né l'enculé qui nous signera!". Premières déconvenues: ceci allait se vérifier. De squatts en squatts, d'Instants Chavirés en gigs aux Gibus, à l' Espace Ornano, au PLan.. L'aventure prend forme. Un soir, au lendemain d'un Gibus foireux, je craque sur un groupe: les Candy, leur son très tendu et brutiste, le chant, plutôt une transe constante et inspirée, me provoque un choc, une vision moderne du rock, de son futur..Elle préfugure à cette heure pour moi de l'"emo" et du "post-rock" à venir. Le futur du rock allait finalement se trouver ailleurs, un renouveau plutôt, mais bien plus tard..
Vous connaissez Candy? Non. Bah voilà! Pas besoin de vous faire un dessin. Super la bio! Pourquoi on s'est planté? Plein de raisons, l'impatience, la mauvaise pression parisienne, des mutations internes n'ayant aucun rapport avec la musique, des faux trips. C'est vrai qu'en 1997 on est plus souvent en Club ou en teuf que dans des salles de concerts. On fera tout de méme le divan du monde, les instants chavirés, et quelques festivals rock à l'espace Seaine, au théatre de st Denis en première des Thugs. A ce moment le rock c'est ringard à mort..Tu tuerais plutôt que d'avouer qu'un jour t'as écouté Téléphone. L'article est déserté par ses prescripteurs extasiés!..Du coup le métal s'est fait la part belle en France. Chouêt. Bref Candy allait rester angel dust à peine visible, loin dans le sillage des Thugs, Fugazi, Sloy, Chokebore, Prohibition, Mad Pop X,... Et Mogwaï, dans le sillon de Hood, allait faire de moi une sorte de Salieri, pas définitivement, heureusement! Mais on aura fait de belles choses, à trois, puis à deux. Les deux du début. Fred du Guignol's et moi. Un batteur et un chanteur/guitariste, les gens trouvaient çà bizarre. L'humeur vagabondant entre John Fruciante, Lou barlow, GodSpeedYouBlackEmperor,etc.. Depuis 2002 je me concentre sur la programmation et les techniques d'enregistrement du son, de mixage. Je réalise, an atelier, divers travaux multimédias, pour Sr Labo, S.F., Fred Maillard. J'ai repris le médiator en 2005 pour Colder: Glastonburry Festival, Sonar Barcelona, London MTV, Route du Rock.. Sympa! Bon,... à la route du rock, j'ai un peu glissé sur une peau de banane. Mais le concert était bien. Et la légende veut que je me sois battu avec les Cure...Oui-oui physiquement!..Trop marrant. Je peux faire dans le grotesque, les Cure aussi, mais là... La vraie histoire n'implique pas ces monstres sacrés, très gentils, au demeurant. Elle n'a plus d'intérêt. Retenons que le live des Colder sera censuré à France Inter, et le guitariste viré. Merde, c'est moi. Bon. Heu... Parfait. On dira qu'il me fallait toute ma concentration pour en arriver ici et maintenant à vous proposer ceci. Début 2008, Voici On Ground, le premier album de noGround. Musicalement, et curieusement, je l'admets, ce travail est à bonne distance des références ornant cette bio. Ce disque n'est pas un disque de rock, ni de techno. Il n'est pas electro, ce n'est pas de la chanson française (ouf!). Ce n'est pas du downtempo, du break beat, de la house filtrée, même pas: "option headbanger". Surtout, ce n'est pas du big beat, ce n'est pas de l'acid, pas de l'electronica. Il n'est ni commercial, ni expérimental, et s'il vous faut une nouvelle classe, appelez là "noStyle"! Pour réaliser cet album, je n'ai pas respecté de codes, pas joué la carte du concept, ou alors, si nécessaire, celle du noConcept. Voilà, vous m'avez compris. Ce disque obeit à d'autres règles, aussi drastiques que celles du marché, ou d'une esthétique particulière. Et oui, être un branleur, requiert une vraie discipline. J'applique ces règles. Le plus souvent, inconsciemment. Elles sont changeantes et inéxactes. Elles sont nombreuses ( pas de sampling, servir l'émotion, surprendre, n'utiliser les effets qu'en tant qu'instruments, ..) et se contrarient parfois. Elles voudraient nous résoudre au compromis, notre ennemi, à l'équilibre, quête incensée... Mais toutes ces règles participent d'une seule: tenter d'hônorer la musique pour ce qu'elle éveille en nous, de beauté, d'absolu, de liberté, et de désir de partage. Merci. |
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